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L’exposition trompe-l’oeil aux Arts Décoratifs

                 

Tous les 18 mois, la Galerie d’études du musée des Arts Décoratifs accueille à Paris une exposition à thème, abordée dans une approche autre que celle du traditionnel parcours chronologique. Elle nous emmène cette année dans l’univers du trompe-l’oeil et présente plus de 400 pièces de toutes époques, rarement ou jamais montrées. Objets, accessoires et tableaux les plus divers s’y rassemblent pour nous faire découvrir les différentes facettes de l’illusion, de l’imitation et du pastiche.

L’exposition met le doigt sur un genre à part entière qui, dès l’antiquité, a inspiré de nombreux artistes. La Renaissance et le Maniérisme voient le phénomène s’amplifier, la période baroque le consacre en s’appuyant sur les techniques de la perspective et du clair obscur. La mode s’empare du trompe-l’oeil au 18 ème siècle lorsque perruques et tournures viennent modifier les proportions du corps ; au 19 ème, on découvre l’art de la mise en scène en imitant les siècles passés et en créant des ambiances s’y rattachant … La tromperie joue tous azimuts :  les effets d’optique transforment la réalité, un objet en dissimule un autre, une matière en imite une autre !

Le parcours de la Galerie s’articule autour de 12 thèmes. Parmi eux, « Ombres et lumières » montre au visiteur comment donner l’illusion de l’espace et simuler la profondeur, comme l’illustre ce tableau d’une armoire dont chaque porte est ornée de vantaux à ouvertures multiples, qui s’ouvrent sur un paysage immobile. Plus loin, « Optique hypnotique » s’intéresse aux effets d’optique dont les anamorphoses (représentations défigurées d’une image). « Cousu de fil blanc » met la mode à l’honneur : fausses poches, faux cols, faux bijoux brodés, c’est tout l’art de l’artifice appliqué à la haute couture.

« Une matière peut en cacher une autre » dévoile des réalisations étonnantes, comme un portrait fidèle de Marie-Antoinette  tissé sur velours ou bien un semainier contemporain d’Ettore Sottsass composé de 11 essences de bois différents ! Mais les objets aiment aussi parfois jouer l’effet de surprise : « ça trompe énormément » rassemble des pièces dont l’usage principal n’apparaît pas à première vue, tel un tabouret d’affaires du 18ème sur lequel s’empilent des livres dissimulant en fait un tabouret d’aisance !

Un beau jeu de piste à travers les siècles et les créations pour découvrir toutes les facéties du trompe l’oeil !

(Musée des Arts Décoratifs, Paris – www.lesartsdecoratifs.fr)