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Eileen Gray, l’indémodable modernité

                             

 Eileen Gray, créatrice aux multiples facettes demeure aujourd’hui exceptionnellement contemporaine.

Née en 1878, la jeune irlandaise étudie l’art de la peinture et de la laque à Londres avant de s’établir à Paris avec un groupe d’amis. Elle n’a que 24 ans mais commence à exposer lors de Salons au Grand Palais. Son éclectisme l’amène à s’interesser à toutes les formes d’art. Au cours d’un voyage dans l’Atlas, elle découvre les techniques du tissage. De retour à Paris, elle ouvre deux ateliers, l’un de textile l’autre de laque, entourée d’artistes et d’artisans talentueux.

Vite remarquée par des personnalités du Tout Paris, son goût du décor en laque l’incite à se lancer dans la création de meubles. Le couturier Jacques Doucet la remarque et lui passe plusieurs commandes pour son appartement. Au lendemain de la 1ère guerre mondiale, de plus en plus sollicitée pour la décoration d’appartements de prestige, elle ouvre une galerie rue du faubourg Saint Honoré, la « Galerie Jean Désert » dont elle définit ainsi l’objet « Paravents et meubles en laque, meubles en bois, tentures, lampes, divans, glaces, tapis, décoration et installation d’appartements ». La galerie expose bien entendu ses propres oeuvres mais aussi celles d’autres artistes.

Eileen Gray se tourne de plus en plus vers l’agencement intérieur, moderne et fonctionnel, et elle conçoit en conséquence du mobilier aux formes géométriques, réalisé dans des matériaux novateurs tels que le métal chromé et le verre.

1926 marque un tournant dans sa carrière lorsqu’avec son ami l’architecte Jean Badovici elle réalise une villa très remarquée, la « Villa E1027 » à Roquebrune Saint Martin sur la Côte d’Azur. Le dessin d’architecture devient alors son activité principale; par la suite elle ferme la galerie Jean Désert et  participe à de nombreux autres projets architecturaux, tout en continuant à s’adonner à la peinture et à ses autres travaux.

Adulée par la critique dans les années 20, Eileen Gray sombre dans l’oubli médiatique jusqu’en 1970 où la collection personnelle de Jacques Doucet est mise en vente à l’Hôtel Drouot. A 92 ans, après avoir exercé pendant 70 ans,elle connaît à nouveau la gloire avant de disparaitre en 1976.

Promue au rang des designers les plus reconnus du XXème siècle, une partie de ses oeuvres est aujourd’hui conservée dans des grands musées, saluant le travail d’une artiste qui a su allier une prodigieuse virtuosité technique à une inspiration très féminine, sans jamais avoir été éditée en série.

(Crédit photo Centre Pompidou. http://www.centrepompidou.fr)