L’univers de Charlotte Perriand (1903/1999) retracé jusqu’au 18 septembre dans une belle exposition au Petit Palais, semble hors du temps car si ses premières créations remontent aux années 30, elles demeurent d’une incroyable actualité par leurs formes, par les matériaux employés et surtout par le souci de fonctionnalité qui les a fait naître. Jeune architecte diplômée des Arts Décoratifs, Charlotte Perriand rejoint en 1928  l’atelier de Le Corbusier et Pierre Jeanneret, avec qui elle partage l’ambition de rationaliser l’habitat et de le rendre plus adapté à un mode de vie en pleine mutation. Avec pour toile de fond la crise économique de 1929, l’Union des Artistes Modernes -dont ils sont tous trois membres- travaille sur des projets de logements et de meubles accessibles à tous.
Ainsi, ils conçoivent des espaces de dimensions réduites mais néanmoins dotés de confort, sortes de cellules modulables  astucieusement agencées. L’ameublement qui en découle s’inscrit dans la même lignée : multifonction, pratique et innovant; l’acier, le contreplaqué et le plastique viennent d’entrer dans le design …

Dans cette mouvance, Charlotte Perriand n’est pas en reste : dès 1935, elle lance le concept du préfabriqué et réalise le célèbre « Refuge Bivouac », installé à Megève en seulement 4 jours ! En 1956, son éditeur pour les équipements collectifs décide d’ouvrir une boutique de décoration : elle y présente sa collection composée entre autres d’étagères et de rangements à composer soi-même (étagères, tiroirs, etc). Le meuble en kit est né, mais ne remportera pas un grand succès sans doute trop en avance sur son temps ! En parallèle, elle continue fort heureusement à créer des pièces uniques pour des commandes spécifiques.

Grande voyageuse, Charlotte Perriand reste cependant très attachée à ses Alpes natales et travaille pour de nombreuses stations de ski qu’elle voudrait sans voitures. Son rêve devient réalité lorsqu’elle se voit confier la coordination de l’équipe d’architecture chargée d’implanter la station des Arcs, dont elle aménage la plupart des immeubles de 1967 à 1988. Aujourd’hui encore, elle fait partie des grands designers réédités par Cassina.

 Des cavernes préhistoriques aux espaces urbains, les murs racontent autour du monde bien des histoires ! Atavisme ? Mode éternelle ? De toute évidence, la fresque murale constitue un formidable moyen d’expression qui relie l’homme à l’architecture d’un lieu et lui crée ses repères.

Julien Turbié, peintre spécialisé dans cet art, se définit comme l’interprète de scènes d’ambiance destinées à mettre en valeur tant l’environnement que la personnalité de ses commanditaires. Il n’impose pas son style mais représente une idée, un rêve, un désir de formes ou de couleurs; en extérieur, en intérieur, peu importe le support, peu importe la superficie ! C’est ainsi qu’il a imaginé et réalisé ce grand arbre pour donner vie au couloir sombre d’un appartement dont toute la décoration incite à la relaxation. Face à la porte d’entrée, c’est toute la symbolique de l’olivier qui accueille le visiteur avec sérénité.
Peu enclins au jardinage et peu disponibles, les propriétaires d’un appartement bénéficiant d’une grande terrasse rêvaient cependant d’un jardin anglais : c’est maintenant devant une fresque de 17 mètres de long qu’ils peuvent, été comme hiver, contempler leurs massifs d’hortensias !

Julien Turbié aime les mélanges de cultures et avoue un certain penchant pour l’art primitif  et les bandes dessinées. Il adore créer des personnages et des mises en scène dont les adolescents raffolent pour leurs chambres … Et aussi les adultes amateurs d’ambiance loft.
Julien Turbié est né en 1971; ancien élève de l’école Penninghen, il intervient fréquemment dans la réalisation de films d’animation et de dessins animés; il a récemment remporté un 2ème prix de décor dans un Salon new-yorkais. Il réalise également des fresques sur toile et  sur papier peint
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