Blog

Créer une galerie de portraits

                                                                      

Toutes les maisons ont une âme dit-on … Mais encore faut-il l’avoir créée ! Pour autant que l’on aime les intérieurs minimalistes et fonctionnels, pour autant que l’on apprécie le design contemporain, c’est souvent avec une petite touche d’éclectisme que la décoration prend une dimension plus personnelle. A chacun de lui apporter ce je-ne-sais-quoi qui en fera tout le charme.

Dans un appartement moderne et rationnel, les propriétaires regrettaient cependant de ne posséder aucun meuble ni souvenir de famille bien qu’ils n’apprécient guère l’accumulation de bibelots désuets. Une idée leur est venue en chinant chez un antiquaire de quartier : s’inventer une galerie de portraits ! Tout est parti d’un coup de coeur pour un portrait d’enfant du XIXème siècle. C’était décidé, il leur fallait des racines et mieux que d’austères ancêtres guindés, le mur de l’entrée accueillerait des visages d’enfants; la « jeune fille au noeud bleu » et le « jeune breton » y ont à leur tour pris place.

En laissant libre cours à l’inspiration du moment, en se laissant séduire par un thème ou par un style, on peut constituer un décor qui trouvera toute son originalité dans l’esprit de collection qui en est fait : ainsi cette série de portraits placés côte à côte donne une dimension esthétique plus forte qu’une toile isolée ou qu’un alignement sans fil conducteur. A condition toutefois de préserver une bonne harmonie graphique, obtenue ici grâce au parti pris de tons pastels …

Beaucoup hésitent à acheter des tableaux, ne s’estimant pas suffisamment connaisseurs. Peut-être est-il nécessaire de faire la différence entre la peinture cotée qu’il faut effectivement savoir évaluer, et celle de peintres plus anonymes mais non sans talent, dont le coût d’acquisition permet de se faire plaisir sans prendre de risques car on peut actuellement trouver de charmantes toiles au prix de reproductions insipides.
(Toiles chinées à la boutique Antiquités du Marché des Ternes, Paris)

Murs végétaux : l’oxygène urbain

                          

 En extérieur, la végétalisation constitue un bon isolant phonique et thermique, protégeant les murs de l’ensoleillement l’été et de la pluie l’hiver grâce à la densité et à l’inclinaison des feuilles vers le bas. Dehors comme dedans, l’entretien est simple et peu contraignant, avec une consommation d’eau très modérée. En règle générale, les plantes absorbent et digèrent les pollutions atmosphériques comme le formaldéhyde, le monoxyde de carbone ou l’amoniaque, certaines étant plus « spécialisées » que d’autres ! Ainsi, pour ne citer qu’eux, le lierre et la fougère se montrent particulièrement efficaces contre le formaldéhyde, l’anthurium est « amoniaquivore » et le chlorophytum un redoutable adversaire du monoxyde de carbone.

Mais comment sont composées les coulisses du mur végétal ? En arrière-plan se cache un isolant étanche,  installé à quelques centimètres du mur d’appui pour le protéger de l’humidité et lui assurer une bonne aération. La culture hydroponique (c’est à dire sans terre) de plus en plus utilisée repose sur un support généralement en fibres textiles de type feutre qui servira de nid aux plantations et permettra aux racines se s’accrocher. Au sol, un bac muni d’une pompe d’arrosage achemine l’eau vers la partie supérieure du mur et la répartit sur toute la superficie de plantation avant de revenir à son point de départ pour repartir à nouveau vers le haut. Ce fonctionnement en boucle s’avère très économique et nécessite seulement l’adjonction de nutriments dans le bac à eau.

Les professionnels offrent le choix du sur-mesure ou des installations en kit. Mais dans tous les cas,  mieux vaut suivre leurs conseils dans le choix des végétaux pour s’assurer de la compatibilité des plantes entre elles. De nombreuses composition sont permises du mur façon jungle luxuriante au mur de plantes aromatiques ou potagères, en passant par celui rappelant tout simplement le confort d’un gazon moelleux !

 

Gagner des m2 supplémentaires sans déménager !

             

Lorsque la configuration le permet, agrandir son logement est devenu en zone urbaine une solution nettement plus intéressante que l’achat d’un bien plus vaste, compte tenu de la flambée de l’immobilier. Surélévation de toiture, extension ou transformation de locaux annexes, tout est bon pour gagner une superficie supplémentaire. Bien sûr, ceci implique des travaux souvent coûteux mais qui, en agglomération, s’avèrent très inférieurs au prix d’achat du m2 !

De plus en plus de propriétaires font ce choix, d’autant que l’obtention d’un permis de construire n’est plus obligatoire pour les surfaces inférieures à 40 m2. Attention toutefois à ne pas se lancer tête baissée sans s’être renseigné auprès des services municipaux car cette mesure s’applique uniquement aux zones urbaines couvertes par un Plan Local d’Urbanisme, à condition que la superficie totale de la construction n’excède pas 170 m2. Néanmoins, une déclaration préalable de travaux reste nécessaire.

Le recours à un architecte est exigé pour les bâtis supérieurs à 170 m2, mais dans tous les cas son accompagnement est à conseiller pour éviter bien des désagréments en regard d’une règlementation très complexe : ainsi la transformation d’un garage de 20 m2 en chambre est considéré comme un « changement de destination » de son usage et implique par conséquent un permis de construire ! De même pour l’aménagement d’un sous-sol en salle de bain ou en bureau (parfois totalement interdit dans certaines communes, pour des raisons de sécurité).

Pour une extension, il faut également tenir compte du coefficient d’occupation au sol autorisé dans la commune avant de définir la surface à bâtir  (par exemple si celui-ci est de 0,35 pour un terrain de 400 m2, la superficie totale du bâtiment ne peut excéder 0,35 x 400, soit 140 m2). D’autres règles s’ajoutent, notamment pour les lotissements qui très souvent donnent obligation de réserver un ou plusieurs emplacements de stationnement sur la parcelle. Enfin, le projet se doit d’être en conformité avec les servitudes de voisinage : une surélévation pourra par exemple être refusée si elle prive de vue et d’ensoleillement la maison voisine.

Comme on le constate, même pour aménager une dépendance la plus grande vigilance s’impose d’autant que les omissions  de déclarations ou inexactitudes sont largement sanctionnées. Pourtant, le jeu en vaut la chandelle puisqu’une fois les travaux réalisés, la superficie gagnée aura généralement une valeur de revente -en zone urbaine- du double ou du triple des travaux réalisés !

Pensez à nous consulter, Décodemain prend en charge vos plans et vos démarches administratives !

Oser la vigne sur son balcon

                              

L’automne approche, la vigne est à l’honneur sur les étals. Si représentative des traditions et des plaisirs gourmands, on rêve de pouvoir en admirer une devant sa fenêtre, pourtant on la croit réservée aux grandes étendues de nos régions viticoles. C’est un tort car elle s’épanouit aisément dans les petits espaces, même en pot sur un balcon. La voir grandir, voir se former les premières grappes et le feuillage se teinter des couleurs de saison offre déjà un spectacle prometteur. Mais avec un peu de patience, le bon s’ajoutera au beau car au bout de 3 ou 4 ans on pourra aussi en déguster les fruits juteux et sucrés.

A condition toutefois d’observer quelques règles élémentaires sans lesquelles la récolte serait insipide et la vigne uniquement décorative. Tout d’abord, il faut lui réserver un emplacement ensoleillé, un grand pot car sa croissance est vigoureuse et rapide, ainsi qu’ un treillage de fond auquel elle puisse s’accrocher. Un arrosage hebdomadaire et un peu d’engrais tous les mois en période estivale suffiront ensuite . En région froide, une protection hivernale est nécessaire

Le saviez-vous ? La réussite d’une vigne dépend avant tout de sa taille. Non taillée, elle se développe telle une liane et se ramifie au détriment de la production de fruits. C’est à la plantation qu’il faut commencer en ne laissant que deux bourgeons . L’année suivante, à la fin de l’hiver, on conserve seulement la branche la plus forte avec à nouveau deux ou trois bourgeons et l’on palisse : en limitant ainsi le développement on obtient d’année en année des pousses plus vigoureuses et un raisin de qualité. Pendant l’été, on supprime les grappes naissantes les plus petites et l’on taille le feuillage superflu pour renforcer l’énergie des plus beaux fruits.

Côté décoration, la vigne se prête à de nombreuses associations : on peut l’entourer de plantes aromatiques pour parfaire une ambiance terroir, la rendre plus champêtre avec des grimpantes à fleurs estivales comme la clématite ou le jasmin, ou encore jouer le contraste avec des persistants plus zen tel que le buis.

A déguster sans modération !

(Crédit photo, Fotolia )

Le vitrail, must du savoir-faire verrier

                     

Si présent dans le design contemporain qu’il en deviendrait presque banal, le verre revêt une dimension toute autre dès lors qu’il est façonné de main de maître tel un tableau. L’art du vitrail en est une preuve dont se parent avec faste de nombreux monuments historiques. Pour autant, appartient-il à des époques révolues ?

Par la variété de genres graphiques et de coloris qu’il peut revêtir, le vitrail s’intègre à tous les styles décoratifs.  Trop souvent réservé aux cages d’escaliers et aux édifices religieux, il revient dans nos intérieurs pour cloisonner sans occulter ou pour apporter plus d’intimité à l’espace: c’est le grand allié des fenêtres sur cour ou des voisinages trop proches. C’est aussi l’atout charme des vérandas et des grandes baies vitrées qu’il vient revêtir de nuances chatoyantes quel que soit le temps; on l’apprécie alors en petites touches préservant la vue sur l’extérieur tout en rendant l’intérieur plus cocoon. On le préfère traité en double vitrage pour une isolation optimale et un nettoyage facilité.

Il fait également un retour en force pour séparer les espaces : entre chambre et dressing, coin repas et cuisine, entrée et séjour, voici une solution raffinée pour masquer sans alourdir ni assombrir. Pour cet usage -sans source lumineuse directe- on privilégiera des compositions non (ou peu) teintées jouant sur le jeu graphique des plombs, sur la nature des verres, sur les effets apportés par gravure ou ajouts de peinture pour créer des effets subtils dans la prise de lumière (transparence /opalescence, matité /brillance).

C’est un puzzle ardu que compose le verrier dans les règles de l’art. Il exige une minutie extrême pour couper, sertir au plomb et assembler les différents éléments du vitrail; en amont, il lui aura fallu sélectionner avec soin chaque couleur, chaque texture de verre; en retravailler d’autres en gravure ou en peinture -grisailles, émaux, jaune à l’argent- cuite au four …  On pourrait presque qualifier de modelage tous ces ajustements de matière qui, au final, donnent de la profondeur à l’oeuvre et lui permettent d’accrocher pleinement la lumière aux bons endroits.

Dans un registre assez proche, d’autres techniques peuvent être mises en oeuvre pour créer des décors sans sertissage. Ainsi ce panneau mural, composé d’une base en verre sablé sur laquelle voguent en relief des motifs en pâte de verre coloré : les différentes formes sont réalisées séparément puis assemblées par collage. A la fois tableau et sculpture, voici un autre bel exemple du savoir-faire verrier !

(Photos France Vitrail, www.france-vitrail.com)

Réinventer le linge dans la maison

                                        

Louméa, 4 ans, adore les coccinelles. Voici un thème tout trouvé pour son anniversaire ! Sa grand-mère décide donc de lui faire une belle surprise en lui offrant un cadeau réalisé rien que pour elle sur-mesure : son linge de lit -couette et taie- et de toilette -peignoir et drap de bain- brodés à l’effigie de ses petites bêtes frétiches

On n’y pense pas toujours, mais on peut en effet inventer son linge au gré de ses idées, même les plus excentriques, et le faire réaliser Made in France dans un niveau de qualité quasiment similaire au fait main d’autrefois. Caroline  Jammet, créatrice spécialisée dans le sur-mesure nous cite quelques exemples de ses réalisations : une nappe commandée pour un cadeau de mariage par un groupe d’amis et brodée de toutes leurs signatures; une parure de lit imaginée pour une styliste de mode et composée de silhouettes de vêtements portant sa griffe; ou bien encore des sets de table reprenant les motifs d’un service d’assiettes de collection.

On part d’un croquis fourni par le client ou créé pour lui. Caroline Jammet le finalise au millimètre près, définit les différents points à employer et les nuances de couleurs puis le numérise vers sa machine high tech qui suivant la complexité du dessin, le reproduit en quelques minutes ou quelques heures.  On obtient à l’arrivée une pièce unique qui devient un élément de décor à part entière pour refléter la personnalitré d’un lieu au même titre que les objets qui l’animent.
Une bonne idée à retenir pour se faire plaisir ou pour offrir un cadeau aussi original que durable !

Le musée René Lalique

                                         

Unique en Europe, le musée Lalique de Wingen-sur-Moder en Alsace, est implanté là où sont produites depuis 90 ans les pièces de la célèbre marque. Un bel hommage à la tradition verrière des Vosges du nord et au talent de l’artiste. C’est sur le site d’une ancienne verrerie que l’agence Wilmotte a conçu une architecture largement intégrée à la nature environnante : toit végétal formant un espace vert résolument contemporain sur le nouveau bâtiment, jardin intérieur reliant les oeuvres présentées à l’une des principales sources d’inspiration de Lalique, la flore.

Le ton est donné dès l’entrée où trône un magistral lustre en cristal de plus d’une tonne sur 3 mètres de haut.Puis la scénographie des 900 m2 d’exposition, sobre et contemporaine, s’appuie sur des tons sombres magnifiant les reflets du cristal et nous transporte dans les différents univers de l’artiste, de l’idée au dessin et à la fabrication. Ce parcours ponctué de photos et de vidéos plonge le visiteur en immersion : il découvre, il ressent et il expérimente la magie du verre; par exemple autour d’une table tactile où il va pouvoir palper les différences de matière et de relief lors de la réalisation d’un vase.

D’autres espaces illustrent les temps forts de la vie de Lalique : les personnages qui ont marqué sa carrière comme l’actrice Sarah Bernhardt; ses clients célèbres, souverains, princes, jet set, artistes; le contexte de l’ Exposition Universelle de 1900 et de celle des Arts Décoratifs de 1925 auxquelles il a participé; son intervention dans la décoration de trains et paquebots …

                                               

René Lalique (1860 – 1945) après un apprentissage chez un bijoutier puis des études d’art, devient l’inventeur du bijou moderne à 30 ans en introduisant en joaillerie des matières peu considérées car peu luxueuses. L’actrice Sarah Bernhardt en raffole, la mode est lancée. Son attirance pour le verre l’amène à s’interesser au flaconnage. La prestigieuse marque Coty lui passe commande, de nombreuses autres suivront l’amenant à créer sa propre fabrique pour pouvoir produire en série tout en conservant un très haut niveau de qualité. Il s’installe d’abord en région parisienne, puis à Wingen-sur-Moder.

Créateur éclectique, son art s’étend progressivement à la table et aux objets de décor, du vase au bouchon de radiateur pour voitures de luxe, du lustre à la fontaine pour des bâtiments de prestige. A son décès, son fils Marc (1900 – 1977) reprend le flambeau et abandonne définitivement le verre au profit du cristal. Sa petite fille Marie-Claude (1935 – 2003) prend à son tour le relais et ouvre la porte du renouveau avec des créations en adéquation avec son époque : l’esprit Lalique est pérénisé.

(musée-lalique.com)

Une roulotte au jardin

                         

Refuge sédentaire pour rêve d’évasion, voici une solution originale pour disposer d’un espace indépendant : la roulotte. En version 5 étoiles, on savoure son confort et l’on y aménage à sa guise un studio d’amis ou d’enfant, un bureau ou un coin détente. On aime ses lignes nomades, on s’y ressource en toute quiétude au plus près de la nature environnante.

C’est en sur mesure que se conçoit ce type de roulotte pour optimiser ses fonctionnalités et profiter au mieux de sa superficie. Elle peut dépasser les 8 mètres de long et -dans ces proportions- permet d’installer une chambre indépendante, une salle de douche et un séjour avec kitchenette où l’on aime se prélasser dans une ambiance chaleureuse, hors du temps et du quotidien.

 Ici tout est bois, minutieusement choisis. Une ossature solide (souvent en peuplier Robusta), des parois en mélèze ou en douglas assurent endurance et longévité, que vient compléter harmonieusement un agencement intérieur faisant intervenir de nombreuses autres essences : parquet, revêtement mural et mobilier en recensent parfois près d’une vingtaine ! Un toit en zinc coiffe l’ensemble pour une étanchéité parfaite. Suivant les conditions climatiques et l’usage fait de la roulotte, on isole toutes les surfaces extérieures (plancher et plafond inclus) en privilégiant bien sûr des matériaux respectueux de l’environnement.

Mais avant de se lancer dans cette belle aventure, un bon conseil : sélectionner d’abord un fabricant à l’écoute, capable d’un bon accompagnement en amont du projet. En effet, une demande de travaux (ou un permis de construire s’il s’agit d’équipements collectifs) doit être déposée en mairie; il faut aussi prévoir les raccords eau / électricité et l’évacuation des eaux usées. Pour faciliter ces étapes, mieux vaut donc être bien épaulé …

 Le coût de réalisation d’une grande roulotte confortable et de ses finitions se situe autour de 45 000 € auxquels il faut ajouter celui du transport par camion (éviter les fabrications étrangères à prix discount mais frais d’acheminement exorbitants)… Et pourquoi pas revenir aux sources et  faire appel à nos amis les chevaux pour la tracter si ses dimensions n’excèdent pas 2m x 5m ?

Une roulotte se convoite, se mérite en 6 mois d’attente, mais se savoure ensuite sans modération (et sans frais d’entretien importants) !

(Photos et documentation Roulotte Habitat, www.roulotte-habitat.fr)

Mystère et chatoiement: la nacre

                                         

                                           

S’il est une matière intemporelle qui se prête aisément à tous les styles ornementaux, c’est bien la nacre ! Très appréciée en Orient, elle occupe depuis la nuit des temps une place privilégiée dans les décors les plus fastueux. Plus discrète dans l’art japonais, elle vient rehausser en fines incrustations bien des chefs d’oeuvre: paravents, boites, objets de parure … L’Occident s’en empare à l’heure de la renaissance italienne et le XVIIIème siècle la porte à son apogée, en l’intégrant aux marqueteries les plus élaborées, aux objets de décors et aux accessoires féminins. Plus tard, elle devient indissociable du style Napoléon III puis les grands maîtres du mouvement Art Déco lui laissent une place de choix dans les sobres associations de matière qu’ils remettent au goût du jour.

Il suffit de regarder un morceau de nacre -à la fois pur et chatoyant, sophistiqué et mystérieux- pour comprendre cet engouement. Mais comment un simple coquillage parvient-il à acquérir ces lettres de noblesses ? En fabricant lui-même son revêtement intérieur (un enchevêtrement de cristaux d’aragonite et de conchyoline) qui forme un maillage d’une solidité exceptionnelle … Ormeaux, nautiles et de nombreux mollusques bivalves -telle l’huitre- en détiennent les secrets !

Il en est d’autres que se transmettent les artisans pour extraire la nacre en ramolissant la coquille dans l’eau chaude, puis pour l’aplanir et façonner de fines plaques. Certains maîtres d’art préfèrent travailler eux-mêmes le coquillage dont ils prélèvent les parties planes et les poncent pour éliminer la coquille jusqu’à obtention d’une surface parfaitement lisse et homogène. Si la nacre blanche reste la plus répandue, la gamme de coloris varie suivant les espèces et présente une infinité de nuances, des tons pastels au noir en passant par le bleu ou le violet …

Au XXIème siècle, les lave-vaisselle préfèrent les couverts dotés de manches peu fragiles, les robes s’accomodent de boutons en plastique et les touches d’accordéon se sont résignées à se vêtir de matières de substitution.

Mais la nacre reprend sa place dans la décoration actuelle: de plus en plus utilisée en  panneau mural elle apporte chaleur et luminosté aux salles de bain ou aux séjours un peu sombre;  elle prouve sa modernité dans des créations très contemporaines en agencement intérieur et en ébénisterie. On l’aime tout particulièrement lorsqu’elle revêt un meuble bar, une commode ou une table d’appoint dans un espace très épuré. On l’adore sur des boites et coffrets très sophistiqués.

(Voir le site Spécialiste de La Nacre)

Eileen Gray, l’indémodable modernité

                             

 Eileen Gray, créatrice aux multiples facettes demeure aujourd’hui exceptionnellement contemporaine.

Née en 1878, la jeune irlandaise étudie l’art de la peinture et de la laque à Londres avant de s’établir à Paris avec un groupe d’amis. Elle n’a que 24 ans mais commence à exposer lors de Salons au Grand Palais. Son éclectisme l’amène à s’interesser à toutes les formes d’art. Au cours d’un voyage dans l’Atlas, elle découvre les techniques du tissage. De retour à Paris, elle ouvre deux ateliers, l’un de textile l’autre de laque, entourée d’artistes et d’artisans talentueux.

Vite remarquée par des personnalités du Tout Paris, son goût du décor en laque l’incite à se lancer dans la création de meubles. Le couturier Jacques Doucet la remarque et lui passe plusieurs commandes pour son appartement. Au lendemain de la 1ère guerre mondiale, de plus en plus sollicitée pour la décoration d’appartements de prestige, elle ouvre une galerie rue du faubourg Saint Honoré, la « Galerie Jean Désert » dont elle définit ainsi l’objet « Paravents et meubles en laque, meubles en bois, tentures, lampes, divans, glaces, tapis, décoration et installation d’appartements ». La galerie expose bien entendu ses propres oeuvres mais aussi celles d’autres artistes.

Eileen Gray se tourne de plus en plus vers l’agencement intérieur, moderne et fonctionnel, et elle conçoit en conséquence du mobilier aux formes géométriques, réalisé dans des matériaux novateurs tels que le métal chromé et le verre.

1926 marque un tournant dans sa carrière lorsqu’avec son ami l’architecte Jean Badovici elle réalise une villa très remarquée, la « Villa E1027 » à Roquebrune Saint Martin sur la Côte d’Azur. Le dessin d’architecture devient alors son activité principale; par la suite elle ferme la galerie Jean Désert et  participe à de nombreux autres projets architecturaux, tout en continuant à s’adonner à la peinture et à ses autres travaux.

Adulée par la critique dans les années 20, Eileen Gray sombre dans l’oubli médiatique jusqu’en 1970 où la collection personnelle de Jacques Doucet est mise en vente à l’Hôtel Drouot. A 92 ans, après avoir exercé pendant 70 ans,elle connaît à nouveau la gloire avant de disparaitre en 1976.

Promue au rang des designers les plus reconnus du XXème siècle, une partie de ses oeuvres est aujourd’hui conservée dans des grands musées, saluant le travail d’une artiste qui a su allier une prodigieuse virtuosité technique à une inspiration très féminine, sans jamais avoir été éditée en série.

(Crédit photo Centre Pompidou. http://www.centrepompidou.fr)